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Birmanie - Stupas, pagodes et bouddhas, tout est dans la démesure...

Mis à jour : 22 avril 2019


Ces lieux sacrés bouddhiques pourraient être modestes ou discrets mais pas du tout! Au contraire, ça claque, ça brille, ça illumine et surtout ils sont regroupés par dizaines voir par centaines (et parfois par milliers, oui oui c'est possible). Pourquoi faire simple quand on peut faire autrement? Dans les temples, la plupart des Bouddhas sont recouverts d'or et certains ont même des néons, des leds ou des guirlandes lumineuses (en mode disco !) autour de la tête, c'est kitch à souhait. Nous on les appellent les Bouddhas starlight!



La grande majorité des stupas du pays brillent de mille feux. Soit elles sont peintes couleur "or", soit elles sont recouvertes de feuille d'or (apposé par les fidèles en fine feuille depuis des décennies). Petite variante pour certaines stupas, des pierres précieuses et/ou des fragments de miroirs sont disposés dessus, imaginez un peu le soleil en plus, ça éblouie un max !



Le Myanmar possède l'un des plus grands bouddhas couchés du monde. À Win Sein Taw Ya, on trouve un de 180m de long situé au Sud Est du Myanmar à Yadana Taung.



Pour s'y rendre, il faut le vouloir. Il n'y a rien d'autre à voir que ce monstre couché sur une colline. Le site est situé à 25 km au Sud de Mawlamyine. Pour y aller, on a loué un scooter. Dans cette partie du pays, la location d'un scooter est relativement chère (12000k/journée et 2200k/essence : 8,30€). La route est sympa et traverse la campagne. En arrivant à Win Sein Taw Ya, c'est totalement du délire. Le Bouddha en question est démesurément grand. Il serait l'un des plus grands du monde. Dès qu'on s'en approche, difficile de le faire rentrer tout entier dans une photo. La démesure de ce géant aurait pu s'arrêter là mais il est possible de pénétrer à l'intérieur et de visiter ses entrailles en chantier. L'entrée est gratuite mais les donations sont possibles. A l'intérieur, c'est un vrai dédale, difficile de se repérer : suis-je dans la tête? Dans les bras? À quel niveau? Impossible de le savoir. Quand on s'approche du fond, et donc de ses pieds, les sacs de ciment et les truelles traînent au sol, des ouvriers s'affèrent à quelques travaux. Comme la visite se fait pieds nus (site sacré oblige) il devient presque dangereux de s'aventurer dans les zones pas totalement terminées. Le clou du spectacle c'est d'arriver sur la plateforme sur laquelle repose la tête du Bouddha. C'est là qu'on prends toute la mesure de sa taille! On se retrouve alors au niveau de son oreille, ridiculeusement petites. Clic clac photo pour immortaliser l'instant.


Sincèrement, qui est le moine qui a eu une idée pareille? Il parait qu'il a eu une révélation pour construire ce Bouddha et en a dessiné les plans. Malheureusement pour lui, il est mort avant l'oeuvre achevée et ne verra jamais le résultat.

Comme si cela ne suffisait pas, les birmans ont décidé de construire son frère jumeau, un second bouddha couché tout aussi grand, posé sur le flanc de la colline juste en face du premier. Pour le moment, il n'y a que sa tête de construite et le squelette en béton qui viendra supporter l'ensemble de son corps. Le plus surprenant c'est que les donations furent suffisamment importantes pour entamer la seconde construction avant d'avoir complètement achevé la première. C'est une logique très répandue dans toute la Birmanie et à dire vrai on a du mal à la comprendre !



On est reparties en se disant: mais ils sont fous ces birmans... Ce bouddha n'est pas beau... Non, mais il a le merite d'etre surprenant ! Ça vaut la peine d'aller le voir pour capter le délire.